jeudi 19 mars 2015

Valeurs d’Ici au Temple de Hounnongan Amankpo

Azé-Mando Awa continue ses prouesses face à la sorcellerie

(Encore deux petites filles qui viennent d’être débarrassées de cette force maléfique)

On ne le dira jamais assez, la sorcellerie est une force maléfique d’une puissance de destruction hors de commun. Une seule personne détentrice de cette science dans une famille et toute cette famille est vouée aux malheurs, aux échecs de toutes sortes et sur tous les plans. De nos jours la perte des valeurs, est devenue légion dans tous les domaines, cette force maléfique est distribuée comme de petits pains et à tous les enfants, même les nouveaux-nés portent la sorcellerie depuis les entrailles de leurs mères. Fort heureusement, il y a des personnes que Dieu à choisi, qu’il a consacré  et que les mânes de nos ancêtres ont béni, pour faire face à ceux qui utilisent cette science en mal. Ces personnes sont donc dotées de toutes les puissances et savent les feuilles qui entre lice quand il s’agit de contrer la sorcellerie qui pourtant peut être utilisée à d’autres fins pour le développement d’une nation voire d’un Continent. Parmi ce lot de dignitaires des valeurs endogènes du Bénin, un jeune que vous connaissez déjà. Hounnongan Dannon Amankpo Azé-Mando Awa, très futé et doté de puissances incommensurables dans le domaine, il est imperturbable face à toutes les formes de sorcellerie. Le voici qui vient encore de frapper très fort en arrachant cette science devenue une force maléfique  à deux petites filles d’une même famille, qui n’ont que 6 et 9 ans. Votre Rubrique a assisté à cette séance de délivrance hors du commun et tient à partager avec vous les moments vécus.

 La sorcellerie de nos jours, qui peut l’avoir

Il n’est plus qu’un secret de polichinelle aujourd’hui que les valeurs sur lesquelles la société africaine et particulièrement celle dahoméenne étaient basées, sont entrain d’être bafouées. Aujourd’hui même au sein des ménages, les parents ont fuit leurs responsabilités parentales au profit d’autres valeurs venues d’autres horizons. Du coup on assiste à toutes les déviances et toute la classe juvénile, livrée à elle-même tombe dans certains travers qui ne disent pas leur nom. Aujourd’hui aussi la sorcellerie est devenue un sujet sans tabou et notamment des bonbons et des petits pains que se distribuent aux enfants de tout âge. Il est fréquent de nos jours d’entendre des enfants tenir des propos que même des adultes ne pourront prononcer, s’ils ne comptaient sur une certaine puissance. Cette science qu’on pouvait utiliser à bon escient et qui est devenue aujourd’hui  une véritable force du mal, fait d’énormes dégâts dans les foyers et les familles sur toute l’étendue de notre territoire. Heureusement qu’il y a un antidote à tout. Même si aujourd’hui il y a des dignitaires qui ne maîtrisant pas les contours de la sorcellerie, disent du n’importe quoi, ceux qui ont reçu la puissance pour contrer cette force maléfique continue de se battre au quotidien pour, la paix dans les familles. Donc aujourd’hui cette science qui était l’apanage des personnes du troisième âge, au temps de nos ancêtres, est devenue une chose à la portée de tout le monde et notamment des enfants. Ce qui justifie la perte des valeurs dont nous faisions allusions plus haut.
Hounnongan Dannon Amnkpo Azé-Mando Awa, le félin qui sème la débandade dans le rang des sorciers

La lutte implacable contre les sorciers et la sorcellerie

De nos jours ils ne sont pas très nombreux, ces dignitaires qui osent parler à visage découvert de la sorcellerie. La plus part se contentant de s’entendre avec les sorciers en leur livrant des dons en contrepartie des âmes attachées, il n’y a qu’un seul qui a décidé de mener une lutte farouche contre la sorcellerie et les sorciers. Il s’agit de Hounnongan Dannon Amankpo Azé-Mando Awa. Très jeune mais doté d’une puissance immense, il n’hésite pas sur les antennes des radios, à son temple et partout où il a l’occasion de crier son haro sur les sorciers et la sorcellerie. Il ne négocie pas et ne fait aucun cadeau aux sorciers. En bon animal de combat et un félin redoutable, il leur arrache leurs proies avec autorité. La seule évocation de son nom Azé-Mando Awa est source de panique générale dans le rang des sorciers. Et cette puissance, il la tient de sa grand-mère paternelle qui, il y a à peine deux semaines, venait de lui livrer la dernière force en elle. Cette vieille dame de 122 ans aujourd’hui, clame haut et fort, qu’elle rendra l’âme à 145 ans. Une vraie bibliothèque, qui avant de se consumer à trouver un bibliothécaire capable de conserver intacte, toutes ses connaissances emmagasinées.  C’est donc lui, Hounnongan Dannon Amankpo Azé-Mando Awa, qui est le seul aujourd’hui qui ose affronter les sorciers. Il les défie et prend le dessus partout où il va sans tambours ni trompettes.

Comment arrive-t-il à arracher la sorcellerie aux sorciers ?

Il a pour habitude de dire « Si on ne connait pas les secrets d’une science, on ne s’y aventure pas, et on ne profère pas des paroles vaines ». Pour lui dans la médecine moderne, il y a plusieurs branches, on a des gynécologues, des pédiatres, médecins généralistes, des sages femmes accoucheuses, etc. c’est donc pareil en matière de médecine traditionnelle et surtout sur le plan des plantes. Hounnongan Dannon Amankpo Azé-Mando Awa, imperturbable, il ne tolère pas le faut. Il n’hésite pas à dire haut et fort, qu’on peut lutter contre la sorcellerie et la vaincre. Pour lui on peut bien arracher la sorcellerie aux sorciers et par conséquent, il invite ceux qui ne maîtrisent pas cette force de se taire et de cesser de mentir aux populations. « La sorcellerie est une puissance, un esprit et des feuilles, toute chose que Dieu a donné aux humains pour faire le bien. A une certaine époque, c’était une force de bien, mais aujourd’hui on utilise la sorcellerie pour faire le mal », dixit Azé-Mando Awa. Il poursuit en disant : « heureusement que Dieu en créant son monde avait tout prévu, le bon et le mauvais, le jour et la nuit, la maladie et le remède. Donc la sorcellerie étant une connaissance basée sur les feuilles, Dieu a également donné d’autres feuilles qui nous permettent de venir à bout de la force maléfique et de l’arracher de façon définitive à ces détenteurs ». Il se base sur les connaissances à lui livrées par sa grand-mère paternelle et sur ses recherches personnelles pour arracher la sorcellerie aux sorciers. En somme un processus simple, fait de prières, d’invocations, de paroles incantatoires et des rituels dans la brousse et au bord d’un fleuve, tout ceci avec des rameaux attachés à la taille des sorciers et puis le tour est joué. Ces derniers ne pourront plus jamais voyager la nuit, pour faire du mal et nuire à leurs prochains.

La dernière en date
Les deux petites filles exorcisées

Le mercredi 11 mars dernier à son temple sis à Womey Soglongon, il a encore frappé fort en délivrant deux petites des griffes de cette force maléfique. Il s’agit d’Anastasie Houénafa et Nicka Avléssi ; deux petites filles qui ont respectivement 09 ans et 6 ans, issues d’un même parent et qui en deux petits mois sont devenues de véritables saigneurs de la nuit. Là-bas sur la base des sorciers, se sont ces petites âmes qui égorgent et qui elles mêmes ont déjà livré quatre (04) personnes en si peut de temps. Vivant à Pobè, elles ont hérité de la sorcellerie par l’entremise d’une dame nommée maman Jean, leur grand-mère. La première a consommé la force maléfique par une noix de palme, tandis que la seconde a hérité du mal, par un plat de riz. Heureusement que leurs parents s’en sont rendus compte à temps. Conduites chez Hounnongan Dannon Amankpo Azé-Mando Awa, elles ont subi les rituels. Lorsqu’on les questionne à la fin pour savoir, si elles peuvent encore se transformer et s’envoler, la réponse est systématiquement : « non, Azé-Mando Awa a tué la puissance en nous, en nous arrachant cette force ». Ces deux petites filles délivrées, porte à plus d’une dizaine de mille de sorciers délivrés en moins de vingt (20) ans de pratique par Azé-Mando Awa. Un exploit pareil dans la famille Adjovi à Ouidah, lui a valu un don d’une parcelle. Nous reviendrons sur cette prouesse.

Pour tous vos soucis, retrouvez-le à Womey Soglogon devant l’EPP Gbèman 1 ou appelez-le 94 853 790/98 457 566

Réalisation Patrick Hervé YOBODE


mercredi 18 mars 2015

Les Coulisses du Showbiz accueille Ben Sabas à propos de son film en cours de réalisation

« Nous sommes là pour rendre le 7ème art béninois plus vendable et plus représentatif », dixit Sabas Loko

Votre nouvelle Rubrique ‘’Les Coulisses du Showbiz’’ qui aura droit de citer tous les jeudis en quinzaine et ceci chaque mois, prend son envol. Pour son acte 1, c’est le monde de la cinématographie et plus particulièrement un digne fils du Bénin, qui pendant des années a excellé dans le 7ème art en Côte d’Ivoire, qui fait la Une. En effet, depuis un an déjà, le père fondateur de la compagnie de théâtre et de cinéma, le plus ancien du Bénin, est au bercail. Sabas Loko alias Ben Sabas, est revenu au pays pour corriger un certains nombres de choses dans le secteur culturel, notamment dans la musique et le 7ème art. Pour amorcer son processus de révolution dans la maison culture, il tient un film, mais là un vrai film qui rivalisera avec les œuvres de plusieurs pays dans le monde. Fidèle à ses habitudes, il a complètement opté pour la rupture d’avec ce qui se faisait ici, pour lancer une vraie cinématographie, celle dont le Bénin a urgemment besoin. C’est donc lui qui à travers une interview nous parle de ses ambitions pour la culture béninoise.

Après plus de deux décennies d’absence, vous présentez à vos compatriotes ne serait pas un exercice trop compliqué ?

Non du tout pas, je suis Sabas Loko, alias Ben Sabas, artiste, comédien, cinéaste, opérateur économique. Je suis béninois de père et de mère, j’ai vu le jour à Cotonou, c’est dans cette ville que j’ai fait toutes mes études. Cela fera bientôt plus d’une vingtaine d’années que je suis basé à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Vous êtes là depuis un bon moment déjà, comment voyez-vous le paysage culturel de votre pays le Bénin ?

Je ne suis pas revenu pour critiquer le monde culturel béninois, mais je vois qu’il y a encore beaucoup à faire. Il y a tellement à faire que j’ai dû solliciter un haut responsable de ATC Afrique en la personne de Guéï Appolos, pour qu’ensemble, nous puissions travailler la main dans la main, histoire de redorer le blason de certains pans de la culture béninoise. Nous allons rendre plus représentatif et plus vendable, non seulement la musique béninois, mais le 7ème art du pays qui peine à décoller. Nous allons aussi donner le coup de pousse nécessaire aux artistes, afin que leurs œuvres soient de qualité pour pouvoir facilement traverser les frontières nationales. Enfin permettre aux artistes de sortir du pays, pour aller prendre part à de grands festivals pour découvrir d’autres réalités.
Ben Sabas

Beaucoup vous connaissaient ici comme le fondateur de la troupe de théâtre ‘’ Les Très Fâchés du Bénin’’, qui a disparu il y a quelques années, alors votre retour annonce-t-il la refondation de cette compagnie, qui avait fait du chemin ?  

Effectivement, il y a très longtemps que j’ai créé la troupe ‘’Les Très Fâchés du Bénin’’. C’était juste après ma sortie du Centre d’initiation des arts et de la culture Cifac de Panthère Noire. Cette troupe a beaucoup contribué au rayonnement de la culture béninoise, mais quelques années après mon départ, je n’entendais plus parler d’elle. Pendant toutes ces années, j’ai eu très mal au cœur. Donc mon retour au bercail annonce forcément de grandes actions de promotion de la culture de mon pays. Il s’agira pour moi d’entrée, de procéder au lancement de mon album à moi-même, parce qu’étant aussi producteur, j’ai voulu déposer ma valise dans la musique pour m’exprimer et prouver mon côté multidimensionnel. Je vais aussi reprendre la troupe, la relancer et pour ce faire, j’ai fait venir des acteurs du cinéma ivoirien, qui ensemble avec des béninois, joueront dans un film d’intégration africaine qui est en cours de réalisation. Donc je profiterai de ce film pour redonner vie aux Très Fâchés du Bénin.

Avant de revenir sur le film, dites-nous tout sur votre album ?

Ok cet album est intitulé ‘’La vérité acte 1’’. Ce titre parce que ce sont des faits que moi-même j’ai vécu, j’ai traversé des situations et je sais que beaucoup ont vécu plus pis que moi. Donc j’ai été inspiré et j’ai composé des chansons sur ces thèmes. Et donc j’ai voulu transmettre un message au peuple, partagé avec eux ces moments d’émotions. C’est donc un maxi single de 4 titres qui sort pendant les vacances et j’espère que les béninois vont beaucoup apprécier.

Le film dont vous parliez tout à l’heure, faites-nous en le décryptage ?

C’est un film de satire social et de tragédie, qui est dénudé de toute comédie et qui est intitulé ’’Mon Foyer !!! Ma Foi’’. Juste pour dire que la foi a permis de sauver le foyer qui tanguait, qui chavirait. C’est un mélange des actes, des faits sociaux, spirituels et tragiques. Un film qui m’a été dicté par Dieu, parce que j’ai écrit le scénario en moins de deux semaines. Un film a rebondissement qui a déjà reçu le parrainage du consul de la Côte d’Ivoire au Bénin, M. Loko, de Rabbi Avocan, de Académie Photo vidéo et bien sûr moi-même.

Est-ce un court ou long métrage ?

C’est un long métrage, un feuilleton, dont l’article zéro sera mis sur le marché pour lancer les choses. Ce sera un feuilleton de 35 épisodes pour lequel nous sommes en pourparlers déjà avec, les autorités de l’ORTB, pour avoir un espace pour sa diffusion. En somme, un feuilleton qui va beaucoup enseigner sur les maux qui minent les foyers de nos jours.

Vous êtes promoteur d’un festival de musique gospel, dites-nous que devient le Fera ?

Merci pour la question. C’était le premier de mes multiples actions à mon retour. J’avais annoncé à travers une conférence de presse la tenue de ce festival qui devient Festival international de la restauration des âmes (Fiera). Mais sur le terrain, j’ai rencontré beaucoup de difficultés, des peaux de bananes par-ci de la méchanceté gratuite par là et tout ça me fait honte. Oui j’ai honte d’avoir dit non à la Côte d’Ivoire qui voulait de ce festival et qui était prête à mettre les moyens. Dans ce pays c’est le président Laurent Gbagbo même qui avait parrainé le festival des masques et danses traditionnelles d’Afrique que j’avais organisé, ici dans mon propre pays le ministère de la culture est incapable de parrainer un simple festival qui vise à primer les meilleurs chantres de Dieu en Afrique et à aider les malades et démunis. C’est pour moi inconcevable et à la limite une honte nationale. Somme toute le Fiera aura lieu en fin décembre 2015, sous fonds propre.

Selon vous que peut faire le ministère de la culture pour faciliter la tâche aux promoteurs culturels pour davantage de visibilité à la culture béninoise ?
Ben Sabas

Ecoutez le ver est dans le fruit et le poisson pourrit de la tête. Donc le problème a ses racines au sommet et quand la tête est pourrit, c’est souvent difficile d’espérer quoi que ce soit. Et ici il est très difficile aux promoteurs de la diaspora d’avoir place, tout est difficile, à cause d’une mafia qui s’est solidement installée. Imaginez que j’ai déposé le dossier du Fiera au fonds d’aide et on m’a appelé pour me dire qu’on ne peut pas financer mon projet, parce que c’est un festival de musique gospel. Je ne veux pas appeler le nom de celui qui me disait cela, parce que ça fait honte.

Un mot pour conclure ce premier numéro de votre Rubrique ?

Merci Patrick d’avoir initié cette rubrique qui fera du bien aux artistes toutes catégories confondues. Je remercie tous les béninois, le journal l’Informateur et tout son personnel. Je dirai pour finir que nous sommes revenus pour relancer les arts et la culture du Bénin. Merci à tous.


Réalisation Patrick Hervé YOBODE

lundi 16 mars 2015

Interview avec Eric Orphé Gnikpo,

‘’3 L Ifèdé est un gage de combat et traduit mon amour pour la culture béninoise’’


Acteur culturel engagé, il est un jeune pétri de talent et très dense dans les domaines des arts et de la culture. Connu pour son talent dans le théâtre, la danse et le cinéma, Eric Orphé Gnikpo s’est fait formé dans plusieurs hautes écoles des arts en France, comme l’école de théâtre Eponyme. Il a été recruté à l’école française Montaigne pour former les élèves dans plusieurs secteurs des arts et de la culture. Ici comme en France il aura partagé ses connaissances et ses expériences avec la jeune génération, pendant plus d’une dizaine d’années. Eric Orphé Gnikpo, très ambitieux et très pragmatique poussé par son amour pour la culture béninoise, vient de doter son pays d’un grand ensemble artistique et culturel dénommé 3 L Ifèdé. Depuis un peu moins de trois ans, cet ensemble fait son petit bonhomme de chemin. Dans cette interview, il nous parle de son absence, des 3 L Ifèdé et de quelques créations et finit par lancer un appel au Fond d’aide à la culture et aux mécènes pour donner vraiment corps à ses rêves.

Présentez-vous aux lecteurs du journal l’Informateur ?                                      

Eric Orphé Gnikpo, acteur culturel béninois. Fondateur du Complexe artistique et culturel 3 L Ifèdé.

Oui acteur culturel engagé, on vous a connu par le passé, mais à un moment donné, vous avez disparu des radars, du théâtre, du ballet. Qu’est-ce qui justifiait cette disparition ?

Vous savez que dans le domaine artistique, il y a plusieurs corps de métiers. Et moi je fais partie de ceux qui pensent que la formation est capitale. Donc mon gros souci à l’époque était de partager mes connaissances, je ne voulais pas être celui là qui donnait spectacle pour que les autres viennent voir. Je voulais libérer mes modestes expériences à la génération future. Ce qui a fait qu’à l’époque j’ai accepté un contrat suffisamment lourd que j’ai trouvé à l’école française Montaigne. Et comme on le dit chez nous, ‘’l’artiste n’a pas de salaire’’, mais si ton travail te permet d’avoir un salaire quelque part, il ne faut pas le négliger. Donc j’étais engagé à Montaigne et j’y suis resté pendant plusieurs années avec chaque année plus de 400 élèves à coacher. J’étais là donc pratiquement tous les jours et quand tu finies les cours, ce n’était pas la joie, tu n’as plus envie de faire autres choses. Aussi ça avait commencé petitement, c’est-à-dire d’une heure d’essaie on est passé à 2 heures, 3 heures et ainsi de suite jusqu’à se retrouver à plus de 18 heures par jour. C’était vraiment costaud.  Et quand tu finies l’année, d’autres écoles se retrouvant dans le même réseau  que Montaigne et dont les directeurs ont eu écho de mes compétences dans le secteur, du théâtre, du ballet et du cinéma, me font appel. J’allais régulièrement en France pendant les congés et les vacances, pour donner des cours dans ces matières dans plusieurs écoles. Voilà ce qui justifiait cette disparition de plus d’une dizaine d’années des planches et autres scènes.
Eric Orphée Gnikpo

Beaucoup vous connaissaient en effet, très talentueux, mais plus de 10 ans d’absence, il y a forcément une ou deux générations d’artistes après la vôtre qui se diront d’où sort-il lui. C’est ici le lieu de revenir brièvement sur votre parcours non ?

Oui tout a fait. Nous avons fait nos armes dans plusieurs compagnies théâtrales à l’époque et après au fil des années nous avons fait assez de collaborations. Mais les gens m’ont plus connu sous la bannière de la troupe de Ballet Djolokoko. Il faut dire que mon arrivé au ballet s’était opéré de façon banale. J’étais en effet, sur un projet du grand frère Eric Hector Hounkpè, aussi mon professeur dans une université privée de la place à l’époque. Ce dernier dans ce qu’il m’a confié, voulait quelques pas de danse, mais il voulait pour cela un professionnel du domaine. Je lui avais dit plusieurs fois que pouvais faire ce qu’il voulait, hors en ce temps là je n’avais même pas encore connu la troupe de ballet, je n’aimais même pas ce milieu. Par finir, il me laissa et j’avais réussi ce qu’il voulait. De là, je me suis dis tien, le grand frère pouvait me demander davantage à tout moment. C’est donc dans cet ordre d’idée que j’ai intégré la troupe de ballet et très rapidement ça avait pris. J’étais dans les premiers rôles, j’étais sur toutes les scènes et partout. Donc en réalité c’est Eric Hector Hounkpè qui m’a poussé vers la danse et le ballet, sans le savoir. J’étais très talentueux et très sollicité, mais très effacé parce que c’est ma nature.

Ce talent enfoui qui sommeillait en vous, vous poussera des années plus tard à doter le Bénin d’un grand complexe culturel, de quoi s’agit-il ?

C’est vraiment vaste hein, je suis très ambitieux. La troupe de ballet qui est aujourd’hui plus reconnue fait partie d’un grand ensemble, le Complexe artistique et culturel 3 L Ifèdé. Ce complexe comprend plusieurs sections dont : le ballet, le théâtre, le cinéma et autres. Cinéma parce qu’en France j’ai suivi des formations dans ce domaine et à Montaigne je m’occupais de cela aussi, avec chaque année au moins deux productions école. Mais au sein des cinéastes béninois il serait difficile de me compter, parce qu’ici on ne me connait pas ce côté. Ce complexe est né des suites d’un voyage à Lausanne en Suisse où j’étais sur un festival. Parmi la trentaine de pays, seul l’Afrique du Sud était le pays qui représentait l’Afrique. J’ai eu alors la chance de collaborer et de travailler avec des volontaires et les organisateurs sur ce festival. Ayant été membre de l’encadrement du ballet national et voyant ce qui se déroulait sur ce festival, l’idée de fonder un grand ensemble à germer en moi. Puisque ici nous avons tout, il y a des danseurs, des hommes de théâtre, des percussionnistes, etc. ce qui nous manque jusque là, c’est des acheteurs de spectacles. Ce réseau de professionnels qui nous permettra de mieux vendre nos productions à l’extérieur. Donc depuis là-bas j’ai pris contact avec des amis ici, dont Sakpata Zogbo et à mon retour, en décembre 2011, le Complexe artistique et culturel 3 L Ifèdé a vu le jour. Le contexte et le milieu sont difficiles, mais on se défend.

Alors pourquoi 3 L Ifèdé ?

Ce nom parce que mon premier geste avait donné des triplettes. Trois filles, Luxe, Lucette et Lucia, mais malheureusement. Donc hommage à elle et pour moi c’est une manière de les immortaliser. Et chaque fois que j’entends 3 L Ifèdé sortir de la bouche de quelqu’un je me dis qu’elles sont toujours là. Ifèdé qui veut dire l’amour est né est le nom de celui qui a suivi les jumelles, voilà pourquoi 3 L Ifèdé. Pour moi aussi ces trois filles représentent le conseil d’administration et moi je leur rends compte et c’est connu dans le groupe, c’est purement spirituel ce que je dis là mais c’est une réalité. 3 L Ifèdé traduit aussi pour moi mon amour pour la culture béninoise et c’est en même temps un gage de combat qui me permet de m’éloigner petitement de cette grande école qui me prenait tout mon temps. Sauf que le directeur de Djolokoko m’avait prédit cela, il disait, Orphé tu en arriveras à créer et à diriger un grand ensemble, je n’y croyais pas mais…

3 L Ifèdé au bout de 2 ans d’existence, ça fait combien de créations dans l’ensemble ?

Il y a la section théâtre qui n’a pas encore créé un grand spectacle, mais qui rompt le silence quand nous invite sur des manifestations. En ce qui concerne le ballet il est beaucoup plus présent avec par an plus de 70 animations. En 2013 nous étions sur le festival Radar acte I au Burkina Faso avec notre première création ‘’Sillons Tortueux’’ fait de théâtre et de danse. Présenté au café des arts, cette création a été achetée par les Sœurs Salésiennes et nous l’avons joué plus d’une vingtaine de fois, dans les quartiers, puisque c’est un théâtre de sensibilisation, un théâtre forum. Un spectacle qui a bien tourné. Nous étions également avec d’autres délégations béninoises sur un festival en Cote d’Ivoire. Après cela nous avons créé ‘’Tanougou’’ et actuellement nous sommes en pleine création d’un autre spectacle intitulé ‘’ Ilé Orisha’’, qui est essentiellement basé sur nos valeurs endogènes. Ce n’est pas une création élitiste, mais un théâtre africain très vivant où le public est impliqué dans le spectacle. Ayant fait des années de formation en théâtre à l’école Eponyme de Paris, j’ai été convaincu que nous n’avons rien à vendre aux autres peuples que notre culture. Donc ‘’Ilé Orisha’’ est déjà acheté et sera au Togo, au Burkina Faso et en juin au Congo.il nous faut maintenant que le fond d’aide nous appui pour nous permettre d’aller de l’avant.

Un mot pour conclure cette interview ?

Ce serait d’abord remercié mes collaborateurs et mes ainés Koffi Adolphe Alladé, Stanislas Dégbo, Marcel Zounnon et autres, qui me soutiennent et qui m’associent aux événements. Merci aussi à ces agences de communication qui nous font confiance et qui travaillent avec nous. Je finirai par un appel aux mécènes et aux bonnes volontés de nous aider, car on ne peut pas tout faire tout seul et aux 3 L Ifèdé, nous faisons toutes les danses du Bénin, donc c’est du lourd, il nous faut des moyens. Pour finir, un grand merci à notre journal l’Informateur, à son DG et à tout son personnel.


Propos recueillis par Patrick Hervé YOBODE   

lundi 2 février 2015

43 jours de cérémonies coutumières pour les funérailles de Tossoh Gbaguidi XIII

Savalou promet des obsèques à la hauteur de son engagement pour le développement

Les obsèques de sa majesté Tossoh Gbaguidi XIII sont prévues du 16 février au 31 mars 2015. Les cérémonies funéraires se dérouleront selon les us et coutumes du royaume de Savalou. Pour l’occasion, un comité d’organisation a été mis sur pied pour offrir à l’illustre disparu, des obsèques à la hauteur de son engagement pour le développement de sa ville natale. La dynastie royale Gbaguidi Soha, les clans kpéto, Dovinou, ont décidé de se mobiliser pour des funérailles dignes du nom pour ce roi, le plus dynamique que Savalou ait connu.
 Feu Dada Tossoh Gbaguidi XIII

Environ 45 jours pour honorer la mémoire de ce roi panafricaniste qui a mis Savalou sous les feux de la rampe à travers diverses initiatives culturelles et cultuelles. Pour réussir cette mission, un comité mobile de collecte doté d’un ordre de mission dûment signé par le chef de collectivité Gbaguidi Agonsaton Christophe a été mis en place. Les membres de ce comité devront recueillir les dons de tous ceux qui voudront participer, d’une manière ou d’une autre, à la mobilisation des fonds nécessaires. La cité historique de Savalou pleure son roi depuis cinq mois. Il faut rappeler que le 13ème souverain de cette cité historique a été emporté par une crise cardiaque, le jeudi 18 septembre 2014. Depuis son décès, le collège des hauts dignitaires de la cour royale a porté son choix sur un intérimaire. Il s’agit de Léon Gbaguidi qui est chargé de liquider les affaires courantes du palais et d’assurer l’intérim avant la désignation d’un nouveau roi pour le royaume de Savalou. Intronisé en 2006, le roi Tossoh Gbaguidi XIII, la soixantaine, a passé huit ans sur le trône de Savalou. Epousant les idéaux prônés par l’ancien guide libyen Mouammar Kadhafi, dada Tossoh Gbaguidi XIII nourrissait le rêve d’offrir au continent africain, sa propre identité à travers le projet de la création des « Etats-Unis d’Afrique ». Président d’honneur de la Haute autorité royale du Bénin, sa Majesté Tosso Gbaguidi XIII avait succédé en 2006 au Roi Houéssonlin Gbaguidi XII décédé en 2002.






Décès tragique et inattendu de Guy Sallan alias Karim

Artistes comédiens, cinéastes, journalistes et ses fans sous le choc

(Le 7ème art béninois perd un acteur de talent)

La nouvelle est tombée tôt dans la matinée de ce dimanche 1er février 2015, comme un coup de massue sur la tête des béninois en général, les artistes toutes catégories confondues et journalistes en particulier. Décédé depuis 4 heures du matin au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoucou Maga (CNHU-HKM), le Bénin se réveille indigné et impuissant face à la puissance lugubre de la mort. Encore un qui s’en est allé, laissant le monde culturel dans l’émoi.
Guy Sallan alias Karim
Guy Sallan alias Karim a été révélé au public béninois, dans les années 90 en tant que l’un des principaux acteurs de la série télévisée à succès « Entre Nous », qui rassemblait des foules tous les jeudi soir, devant les écrans de la télévision nationale (ORTB). Décédé des suites d’un cancer qui le rongeait depuis très longtemps et qui depuis quelques mois l’avait immobilisé, il laisse une femme et quatre enfants dans le désarroi. En effet, depuis août 2013 qu’il a enterré son papa, l’homme avait des ennuis de santé et a effectué plusieurs séjours au Cnhu à Cotonou. Il y était encore hospitalisé au service de neurologie depuis plusieurs semaines. Technicien monteur à la télévision nationale, il a fait ses débuts dans la comédie au sein de l’Ensemble Artistique des Étudiants, Eace. Guy Sallan était titulaire d’une Maîtrise en sociologie, d’une Maîtrise en psychologie et d’une  Licence en anglais. Il  préparait aussi une Licence  en Réalisation à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (ISMA). Il ne pourra plus jamais soutenir dans ce métier de réalisation qui était une passion pour lui. Né le 18 octobre 1961 à Cotonou, Guy Sallan était un comédien, un cinéaste et un technicien monteur de talent unique, mais aussi un homme exceptionnel et très aimable. Guy Sallan alias Karim est auteur de plusieurs spots publicitaires et a joué dans plusieurs films.


Patrick Hervé YOBODE

jeudi 15 janvier 2015

Interview exclusive de Sandra Adjaho, Directrice de l’Association ‘’La Maison des Perles’’

‘’Portez les perles en terre cuite c’est se donner une fierté. Les perles en terre cuite c’est l’élégance et c’est être digne fils du Bénin’’.

(Bientôt une présentation de ces perles aux dignitaires de nos valeurs endogènes)

Actrice de cinéma, danseuse-chorégraphe, créatrice de bijoux en perles et costumes d’arts, Sandra Adjaho, vient de révolutionner le monde des perles au Bénin. Pour cette passionnée qui a commencé par travailler les perles à l’âge de 12 ans, l’heure de la consécration a sonné, grâce à son goût de recherches en la matière. En effet, le mercredi 10 décembre dernier au Centre culturel chinois (Ccc), elle procédait à la présentation d’une collection de perles en terre cuite, avec son Association ‘’La Maison des Perles. Pour celle qui ne rêve que de promotion des perles "Made in Benin", valoriser les perles en terre cuite, c’est revenir à ce qui ce faisait jadis au Bénin, mais qui a disparu faute de relève et de promotion. Fabriquées à base d’argile, cette forme de perles, qui révèle l’identité même du Bénin partout dans le monde, revient grâce à Sandra Adjaho. D’ailleurs déclare-t-elle « Je travaille les perles, mais c’est rien que les perles venues d’ailleurs que je retrouve sur le marché. Et quand je voyage avec elles, elles ne me donnent pas une identité béninoise. Du coup j’ai fait des recherches, sur les perles utilisées autrefois au Bénin et c’est comme cela que j’ai découvert une vieille dame à Ouidah, qui travaille actuellement les perles en terre cuite ». Nous sommes allés à la rencontre de la fille cadette de Coffi Guillaume Adjaho, grand acteur culturel qui a aussi marqué son époque et voici la teneur de ses confessions sur sa passion pour les perles.
Sandra Adjaho, Directrice de l'Association ''La Maison des Perles''


La maison des perles qu’est-ce que s’est ce concept ?

La maison des perles est une association dont je suis la présidente et qui travaille pour la promotion, la sauvegarde du patrimoine culturel. Donc comme moi je ne travaille que les perles, j’ai toujours recherché quelles sont les perles qui sont authentiques, qui sont recherchées et propres à nous béninois pour faire la fierté de notre pays parce qu’on travaille souvent les perles qui viennent de l’extérieur  et chaque fois quand tu les portes et voyage à l’extérieur les gens disent oui, tu viens du Ghana, tu viens du Nigéria, et là je me suis dis ça ne va pas. Parce qu’on ne remarque que le produit, on ne voit pas la création. La création on trouve que c’est joli, mais on ne remarque que le produit. Donc je me suis dit qu’il faut maintenant  que je puisse créer une association pour pouvoir rechercher les perles qui existaient chez nous et si possible les créées. Donc c’est de là que j’ai découvert beaucoup de perles déjà. Beaucoup de perles fruits, des perles animaux, des graines en perles et les perles en terre cuite. Et de 2014-2015, on a décidé de faire la promotion des perles en terre cuite parce que la recherche est bouclée déjà. On a pris le temps de pouvoir apprendre comment cela se passe, de pouvoir savoir quelle est sa durée, quelle est la qualité des perles qui découle de la terre cuite. Et maintenant nous sommes totalement prêts pour  pouvoir faire la promotion de ces perles en terre cuite. L’association la maison des perles à découvert les perles en terre cuite, grâce à une dame qui vit à Ouidah et qui s’appelle Madame De-Souza Née Dagba qui travaille les perles depuis 20 ans et que personne de connaissait. Donc lors d’un festival de Quintessence de Jean Odoutan,  j’ai été logé chez la petite fille de cette dame. J’ai été hébergé là-bas et c’est là que j’ai découvert la dame. C’était l’occasion pour moi de l’apprendre et de pouvoir travailler ces perles en terre cuite. En fait, les perles en terre cuite, c’est de l’argile travailler. Donc le produit de base c’est l’argile. Et l’argile on le trouve un peu partout au Bénin. Dès l’achat de l’argile, il y a plusieurs étapes par lesquelles on passe pour pouvoir avoir ses produits. Donc l’argile déjà acheté, on le sèche au soleil pendant  un jour  pour l’asséché puis après on passe au pétrissage. Si c’est une petite quantité on le fait à la main et si c’est une grande quantité on le fait avec les pieds. Après le pétrissage, on passe au modelage. C’est-a-dire on donne la forme qu’il faut. On peut donner toutes les formes qu’il faut et qu’on veut à l’argile et puis on passe au séchage qui dure trois semaines pour que l’eau soit complètement partie et puis après on passe à la cuisson. Après la cuisson le produit fini donne une couleur blanche. Si tu veux, tu peux le colorer aux couleurs ou soit à la fumée ou à toutes sortes de colorants. Et maintenant le travail de créatrice commence et là je donne toutes les formes que je veux en créant des colliers, des objets de décoration, etc.

Cette passion pour les perles comment est-elle née ?

De très longtemps. Au fait j’ai commencé par travailler les perles il y a très longtemps. Disons depuis l’âge de 12 ans. On avait l’habitude de sortir et maman nous achetais des bijoux, des gels et tout. Comme ça quand on va à toutes les manifestations, il y a des personnes qui portent les mêmes choses moi ça ne me plaisait pas car j’aime faire la différence. Et c’est cela qui m’a amené à commencer par travailler les perles. Toutes les perles que je retrouvais chez ma mère, je prends, j’agence et je porte pour sortir et là je suis sure que je suis seule à la porté et je participais à des émissions de Inès Garoué quand elle était à LC2. Et voilà la passion m’a saisie. Je créais pour moi et pour ma famille. Pour mes amis, pour mes cousines. J’ai commencé par le commercialisé aussi grâce à ma mère parce que quand elle allait au boulot, on la bloquait dans la cabine et lui enlevait toutes ces perles. Ses collègues lui disaient si tu ne dis pas à ta fille de vendre, tu va rentrer sans perles. En ce moment je travaillais déjà à la Soneb, mais la vente des perles était très rentable et je gagnais beaucoup d’argent. Mais je n’étais pas encore satisfaite parce que c’est vrai que c’est joli, c’est beau mais ce n’est pas de chez nous. Moi j’aime bien ma culture et j’ai toujours voulu valoriser ma culture.

Aujourd’hui comment tu te sens après  cette découverte ?
La Terre cuite de Sandra

Depuis que j’ai découvert cette merveille, je ne vis que de ça. Au fait, c’est comme si je recherchais quelque chose depuis très longtemps et que je venais de trouver. C’est maintenant à moi de prendre le nouveau départ. Et je vous assure que la première création que j’ai eu à faire de ces perles, quand je l’ai porté,  j’ai eu vingt (20) commande sur le champ. C’est qu’il y a des trucs d’originalité que des gens recherchent depuis très longtemps. Et en plus j’ai eu la plus grande peur de ma vie parce que j’ai rencontré cette dame il y a trois ans et je lui dis que je vais revenir. Et quand je lui ai dis que je vais revenir, c’est parce que je voulais rapidement changer mon association, l’objectif, la vision et tout. Donc le temps que je ne puisse faire tout ceci, j’ai appris qu’elle a été malade et  elle a failli mourir et est restée à l’hôpital pendant un an et là j’ai pris la peur de ma vie et je me suis rapidement fais formé et j’ai commencé la promotion le plutôt. C’est cela qui nous a conduit au défilé du 10 décembre passé où j’ai présenté la première collection des perles en terre cuite. S’était précipité mais les gens on apprécié. Les autorités étaient présentes et franchement moi-même j’étais vraiment fière. C’est un défilé d’information à la population et de présentation des perles en terre cuite qui sont authentiques, original et qui sont de chez nous. Parce que je vous avoue que quand je voulais faire ce défilé je suis allée rencontrer le Directeur du Patrimoine Culturel, le Directeur du Développement Touristique. J’ai rencontré tous ceux qui tournent dans ce secteur mais ils ne connaissaient pas les perles en terre cuite. C’est triste. Les gens qui doivent faire ce genre de recherche n’existent pas vraiment. Et c’est nous qui sommes passionnés qui arrivent vraiment à le faire. La maison des perles est entrain de faire d’énormes découvertes. Bientôt vous allez apprendre des choses que vous n’avez jamais entendues, que vous ne savez même pas et qu’on délaisse pour rien du tout. Nous sommes presque tous acculturés. Il faut qu’on revienne à la source. La religion nous a abruti ça c’est vrai. Et on pense que ce n’est que les vodounons, les rois qui portent des perles. C’est faux. Ils sont encore les garants de notre tradition. C’est grâce à eux que nous avons encore une identité culturelle. Donc on devrait leur rendre hommage. C’est les seuls personnes qui sont entrain de valoriser notre culture. Eux-mêmes ils ne le connaissent pas encore et c’est grâce à moi qu’ils vont le découvrir parce qu’ils valorisent d’autres pays. Donc il y a tout cela qui me donne des soucis et je me dis qu’il faut que ça change. Donc bientôt il y aura une grande présentation pour les dignitaires. Présentation des bijoux en perles et s’ils veulent on peut même personnaliser ça pour eux.

C’est quoi cette irritation qui te prend quand tu commences par parler des valeurs endogènes ?

Ce qui m’irrite au fait, c’est parce que moi j’ai voyagé un peu partout et ce que moi je vois à l’extérieur c’est que c’est la culture qui développe un pays. Tant que le Bénin ne va pas connaitre la place de la culture, le Bénin ne sera pas développé. Parce que les autres pays comme la Chine se sont développés avec leur culture. Tu ne va jamais voir un chinois porté des choses d’un autre pays. C’est impossible. L’association a découvert des coquilles de petits  escargots qui poussent dans l’eau. J’ai acheté ça au marché et j’ai commencé par travailler ça et un jour j’en ai fait assez et j’ai porté  ça c’est alors que j’ai rencontré une dame qui maitrise les différentes perles que portent les adeptes du Vodoun qui me disait, êtes-vous une adepte vodoun ? je dis non pourquoi ? Elle me répondit parce que ce que vous portez là c’est pour les Tohossoussi (les adeptes du Vodoun Tohossou dieu des eaux). Je me suis rapprochée des adeptes de cette divinité qui m’ont dit que ce n’est pas cultuel.  Pourquoi on cherche à tout sacraliser en nous empêchant de valoriser notre culture. Valorisons les produits de chez nous pour le bon développement de notre pays.

Ton mot de fin ?

Le dernier mot c’est que la maison des perles a un nouveau né qui sont les perles en terre cuite. Il y a toutes sortes de création à savoir les colliers, les bijoux, les styles de stars et tout. Donc mieux vaut en profiter pour  se donner une fierté. Les perles en terre cuite c’est l’élégance et c’est être digne fils du Bénin.

Propos recueillis par Patrick Hervé YOBODE



lundi 29 décembre 2014

Rétrospectives culturelles de 2014

Revivons ensemble le film des grands faits culturels de l’année qui s’achève

L’actualité culturelle béninoise de 2014, a été jalonnée par des moments de joie, de déception, de regret, de promesse et de lueur d’espoir, dans le rang des acteurs culturels. De bonnes et donc de mauvaises nouvelles ont secoué la culture et ses acteurs au cours de cette année qui s’achève. Du 10 janvier au Fonds d’aide à la culture, du Tofâ à la réhabilitation des salles de cinéma, de l’organisation et de la tenue du Festival international du Théâtre du Bénin (Fitheb) aux autres festivals privés, de la mort de quelques artistes encore à la construction annoncée du Théâtre national, bref les faits ont retenu l’attention de l’opinion en 2014. Nous revenons ici sur les plus marquants, juste pour la postérité.

Une bonne nouvelle accueillie avec ferveur

Commençons ce retour dans le passé culturel du Bénin en 2014, par une bonne nouvelle. L’avènement de Boni Yayi, à la Marina aura été pour les artistes béninois toutes catégories confondues, des moments d’attention de la part de l’actuel locataire de notre Présidence. C’est sous lui que le Fonds d’aide à la culture (Fac) a été rehaussé jusqu’à un (01) milliard de nos francs. Il venait cette année de frapper encore très fort avec le sens managérial et le dynamisme de Jean-Michel Hervé Babalola Abimbola, un grand coup. En effet, le conseil des Ministres en date du 02 Octobre 2014 avait rendu public un communiqué, qui avait fait tressaillir de joie les acteurs culturels. Il s’agit de l’augmentation très sensible du Fonds d’aide à la Culture (Fac), qui passe d’un milliard à trois (03) milliards de nos francs. L’annonce de cette bonne nouvelle à été fait, en marge du méga concert de clôture des vacances, le 11 Octobre 2014 dans la Cité des Kobourou. A l’annonce de la nouvelle donc, plusieurs acteurs culturels, ont réagi. Ils ont tous aimé le geste et ont remercié la dextérité de Jean-Michel Abimbola, le ministre de la culture, qui s’était investi personnellement pour que le milliard culturel soit triplé. Toute fois, ils exigent que ce fonds soit bien utilisé pour le bonheur de tous les acteurs culturels, mais aussi et surtout pour enfin l’émergence de la richissime culture béninoise.

La fête du 10 janvier et l’absence déplorée de Boni Yayi

Une fois encore en 2014, les dignitaires de notre tradition, les garants de la religion endogène, têtes couronnées, Hounnongan, Vodounnon, adeptes du Vodoun et toutes les divinités s’étaient donné rendez-vous à Abomey-Calavi le 10 janvier 2014. Moments de réjouissances et de célébration de notre vraie identité culturelle et de l’héritage légué par nos ancêtres. Si l’absence du Chef de l’Etat aux côtés des garants de la tradition a été diversement appréciée depuis 2007, celle de 2014, aura été la goute d’eau qui faisait déborder le vase. Personne ne voulait admettre ce mépris de Boni Yayi pour notre tradition. Les commentaires allaient bon train avec les grincements de dents, dans le rang des dignitaires religieux endogènes. Chaque fois depuis 2007, donc le gouvernement trouve toujours un argument pour justifier l’absence de Boni Yayi. C’est en cela que le discours livré par Patrice Hounsou-Guèdè, maire de la commune qui accueillait les festivités a été salué avec enthousiasme. Ce dernier a invité toute la classe politique et les décideurs de cette nation, à un retour à la source. Un retour vers nos valeurs endogènes, qui serait le gage d’un développement accéléré du Bénin. En tout cas, les dignitaires, têtes couronnées, adeptes et autres, attendent de voir, si Boni Yayi franchira le Rubicon en s’absentant encore le 10 janvier 2015. Wait and See.
Jean-Michel Hervé Babalola Abimbola, ministre de la culture 

Et puis l’autre événement qui ne dit rien aux autorités politico-administratives

Il est des événements majeurs pour le Bénin au jour d’aujourd’hui, mais banalisé par la classe politique et surtout les gouvernements successifs de Boni Yayi. Depuis un peu moins de dix (10) ans, David Koffi Aza, professeur du Fâ est revenu sur une pratique ancestrale. Le ‘’Tofâ kinkan’’, la consultation du Fâ pour savoir de l’avenir du pays et de ces citoyens dans la nouvelle année. La 7ème édition qui se tenait en décembre 2013, avait prédit un horizon assez sombre, fait de morts subites, d’accidents, de mésententes, de la division, une atmosphère de paix éphémère, etc. N’étant jamais écoutés par Boni Yayi et ses gouvernements,  David Koffi Aza et les siens ont pu faire ce qu’ils peuvent des sacrifices qu’imposait les signes révélés. Résultat, des morts subites à la chaîne comme c’était déjà le cas en 2013, des tiraillements entre hommes politiques, des mésententes, de la chasse aux sorcières, qui somme toute ont conduit le Bénin dans un gouffre qui ne dit pas son nom. N’empêche, l’Authentique et universel ordre de la reine mère en collaboration avec l’association des Fagbassa et Bokonon du Bénin ainsi que l’association BéninTofâ, ont procédé à la consultation du Fâ pour le compte de 2015. La science et la sagesse ancestrale, révèle ‘’Troukpin Woli’’, un signe qui ne présage guère d’un horizon de stabilité pour le Bénin. Toujours, des morts, mais cette fois-ci dans le rang des autorités, des femmes qui trompent leur mari et des filles qui se livrent à l’avortement. La prudence et la patience sont recommandées au sommet de l’Etat et dans les couples. Beaucoup de femmes accoucheront par césarienne et les tiraillements entre hommes politiques, se poursuivront. Le Fâ recommande aussi de réfléchir avant tout investissement. Il faudra alors faire les rituels « Vossissa » pour conjurer le mauvais sort. Attendons de voir si nos autorités prendront conscience en mettant de côté leur mimétisme inconcevable.

La construction du Théâtre National, l’autre bonne nouvelle

Quelques semaines après l’annonce du fonds d’aide à la culture qui passe à trois (03) milliards de francs CFA, le ministère de la culture a mis une autre bonne nouvelle pour faire rêver les acteurs culturels. Il s’agit ici, de la construction du Théâtre National, tant attendu par les acteurs culturels. Dans un environnement où la culture est en pleine expansion, et où les acteurs se multiplient avec des talents inouïs, il manque cruellement de lieux d’expressions artistiques, pouvant permettre à ces derniers de créer et de diffuser leurs œuvres. L’Institut français, l’Espace Mayton, Arttistik Africa et autres construits sur initiative de quelques acteurs culturels chevronnés, ne suffisaient plus, pour contenir la pléthore d’artistes que compte le Bénin. C’est donc tout naturellement l’annonce de la nouvelle de la construction du Théâtre National, aura reçu un écho très favorable au sein des acteurs culturels. D’une capacité de dix (10.000) mille places, avec des salles annexes pour les répétitions, les formations, les projections, une salle multimédia, etc. ce Théâtre National sera construit sur la route des pêches. Le dimanche 14 décembre donc, le ministère de la culture avait commandité une équipe d’experts de DCI Consults, pour écouter les acteurs culturels, prendre leurs propositions par rapport à la construction d’un tel joyau. Ça aussi, c’est à mettre à l’actif de Jean-Michel Hervé Babalola Abimbola, ministre de la culture. Il ne faut pas occulter, dans la même dynamique, la réhabilitation des salles de cinéma, entrepris par Jean-Michel Hervé Babalola Abimbola et son équipe, toujours pour doter les acteurs culturels d’espaces et de lieux d’expressions.

Et puis le Fitheb, le Label et Cotonou Couleurs Jazz

La 12ème édition du plus grand festival de théâtre d’Afrique aussi avait droit de citer en 2014 et du 06 au 14 décembre. Annoncé pour être grandiose, le festival international de théâtre du Bénin 2014, qui s’est tenu après plusieurs retournements de situations, n’a pas fait grand écho dans la population. Avec la vision du directeur intérimaire, Ousmane Alédji de faire de ce grand événement culturel un Label pour le Bénin, même s’il a tenu le pari, le Label reste à désirer. D’abord pour cause d’Ebola, le festival a connu beaucoup de désistement de compagnies, les reports successifs, le budget amoindri, etc. Ici, c’est la communication qui aura obscurci l’image de ce que nous qualifions du plus grand festival de théâtre d’Afrique. Les autres rient de nous, car on veut donner une dimension au Fitheb, mais on n’a pas les moyens de notre politique et de surcroit, la communication de l’édition de 2014 a été confiée, à  des gens qui ont montré  leur limite, dans la gestion de leurs confrères journalistes, chargés de relayer l’information. L’autre chose, c’est la tenue, presque dans la même période, du désormais plus grand festival de Jazz du Continent. Cotonou Couleurs Jazz, qui prenait son envol le 11 décembre, a ravi la vedette au Fitheb, juste parce qu’ici, les organisateurs ont mis un accent particulier sur la communication. Du coup, les béninois, toutes classes sociales confondues, n’ont pas hésité à envahir Sikècodji qui abritait la 3ème édition de Cotonou Couleurs Jazz. Somme toute, Ousmane Alédji aura eu le mérite d’organiser un Fitheb qui dépasse largement la cagnotte réservée à la 12ème édition.

En pèle mêlé à présent CONAVAB Inter, Bénin Révélation Stars, Cafrim, Africa Fête.

2014, aura connu les festivals annuels habituels. Depuis janvier de l’année qui s’achève, Patrice Ahouloumè et Tony Yambodè, respectivement promoteur de la Coupe nationale du vainqueur des artistes du Bénin (CONAVAB Inter) et de Bénin Révélation Stars (BRS) ouvraient le bal des inscriptions sur ces rendez-vous de taille de l’agenda culturel du pays. De juin à septembre donc la 17ème édition de CONAVAB Inter a tenue les béninois en haleine. Presque dans la même période, de l’autre côté de Zogbadjè derrière le Campus d’Abomey-Calavi, l’Espace Mayton Promo, grouillait de monde chaque samedi soir, depuis Août à Octobre, avec des prestations en live et en acoustique, qui révélaient les talents de demain, tout ceci couronné de l’hommage aux artistes béninois confirmés, de leur vivant. Il faudra aussi compter en 2014, avec la Coupe d’Afrique de Musique (Cafrim) de Mathieu Vitoffodji, compétition remportée par la togolaise Moon Love au Hall des Arts à Cotonou. Le Consultant en musique, directeur du Bureau Export de la Musique Africaine (BEMA), promoteur du festival Africa Fête Itinérant, Eric Gbèha, tenait aussi son événement. L’étape de Cotonou aura rassemblé de grands noms de la musique du Continent et des talents émergents, pour des concerts inédits. Toute chose qui a mis Cotonou sous les projecteurs pendants toute la durée du festival. Nous n’allons pas omettre, les exploits de notre Ballet National, emmené par Marcel Zounnon, qui aura en 2014, émerveillé les peuples européens. La constitution du Théâtre National avec des acteurs reconnus pour leur talent, mais aussi, le Happy Chinese New Year, qui de janvier à mars 2014, se déroulait sous la direction de Baï Guangming, directeur du Centre culturel chinois du Bénin. Voilà en condensé, le Bénin culturel en 2014. D’autres événements non moins importants se sont déroulés et ont contribué à la visibilité de la culture béninoise.

Réalisation Patrick Hervé YOBODE